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Club24 août 2026 · 6 min de lecture

Quarante ans de passion et de combat

L'histoire du Taekwondo Club Villeneuvois, racontée par son président Christophe Meurisse : les titres nationaux, la quasi-disparition, puis la renaissance qui en a fait le premier club des Hauts-de-France.

Club TaekwondoClub Taekwondo Villeneuve d'Ascq

Le Taekwondo Club Villeneuvois — le Taekwondo VA, pour tous ceux qui le fréquentent — a quarante ans. Quatre décennies pendant lesquelles il a connu les titres nationaux, la quasi-disparition, puis une renaissance qui en a fait le premier club des Hauts-de-France par le nombre d’adhérents. Nous avons passé un moment avec son président, Christophe Meurisse, qui en a vécu presque toute l’histoire : d’abord comme élève, puis comme bâtisseur.

1985, rue de Babylone

Tout commence dans la salle de la Fontaine, rue de Babylone — celle que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de salle Duwelz. Cette année-là, Maître Jean-Paul Do Nguyen, ceinture noire 6e dan, y ouvre un club de taekwondo. Villeneuve-d’Ascq n’en compte alors aucun autre, et la région pas beaucoup davantage : le taekwondo est encore un art martial confidentiel en France.

Quarante ans plus tard, ce premier tapis a fait des petits. Le club revendique aujourd’hui 260 licenciés répartis sur deux dojos, une section élite tournée vers l’international, et une réputation de club de combattants qui ne l’a jamais quitté.

De l’élève au bâtisseur

Christophe Meurisse pousse la porte du dojang en septembre 1987. Il s’entraîne intensivement pendant trois ans, jusqu’à ce que des problèmes de santé l’éloignent des tapis en 1990. La parenthèse durera huit ans, mais la passion ne s’éteint pas.

Il revient en 1998, comme vice-président. Dès l’année suivante, il prend la présidence — et hérite d’un chantier qui n’a rien de sportif. Il s’agit, selon ses mots, de remettre le club « en forme et en norme » : cadrer le statut juridique, revoir les assurances, affilier la structure à Jeunesse et Sports, monter les premiers dossiers de subventions. Le travail ingrat qui décide, en réalité, de la survie d’une association.

En parallèle, il choisit de se former plutôt que de déléguer. S’enchaînent le DARC — devenu depuis le DAC, diplôme d’assistant club —, le diplôme d’instructeur fédéral, puis un CQP Gym Petite Enfance. Celui-là même qui lui permettra de lancer, en pionnier dans la région, une section « Babies » ouverte dès 4 ans. Elle accueille aujourd’hui les enfants dès 3 ans, l’expérience aidant. Viendront ensuite un brevet d’État par validation des acquis, puis un diplôme d’État.

Côté grades, il décroche son 1er dan en 2001 et son 2e dan en 2007.

Fiche « Le Président » : Christophe Meurisse en dobok, ceinture noire 1er dan, et son palmarès d'entraîneur bénévole.
La fiche « Le Président » affichée par le club à l'époque : Christophe Meurisse, ceinture noire 1er dan. Archive TKDVA 2001-2002.

En 2010, il quitte Villeneuve-d’Ascq pour diriger une autre structure régionale. Il y restera neuf ans.

Deux reconstructions

1998-2010 : structurer, quitte à élaguer

La première présidence est une remise à plat. Christophe prend une décision qui ne s’oublie pas : fermer la section adulte pendant un an, le temps d’assainir le climat et d’écarter ceux qui venaient pour de mauvaises raisons. Un choix coûteux à court terme, salutaire ensuite.

Le club passe d’une vingtaine d’adhérents à 180 licenciés au moment de son départ. C’est aussi durant cette période qu’il rapporte de la région parisienne une pratique physique sans opposition : le Tek Training, créé par Bruno Tambouez, à Versailles. La fédération reprendra le concept quelques années plus tard, sous le nom de body taekwondo.

2019 à aujourd’hui : repartir de huit adhérents

Fin 2018, le téléphone sonne. Ce sont Alex et Yassine qui appellent : le club ne compte plus que huit adhérents actifs et se meurt. Ils veulent le remonter, et ils veulent que Christophe revienne.

Leur démarche rassure la ville. L’adjoint aux sports, en apprenant le retour de Christophe, aura cette phrase : le club sera « sauvé ».

Les trois hommes, qui forment aujourd’hui le bureau, se répartissent les cours selon leurs compétences. Ils relancent la section Babies, redynamisent les groupes enfants et créent, en 2023-2024, une section 100 % féminine.

La courbe des effectifs raconte le reste mieux que n’importe quel commentaire. Le club redémarre la saison 2019-2020 avec huit licenciés ; il la termine à 75.

Saison Licenciés
2019-2020 75
2020-2021 36
2021-2022 140
2022-2023 223
2023-2024 246
2024-2025 293
2025-2026 260

Le trou de 2020-2021 porte un nom que tout le monde connaît. Le reste est une progression continue.

L’ADN combat

S’il fallait ne retenir qu’une constante depuis la salle de la Fontaine, ce serait celle-là : le Taekwondo VA est un club de combattants. L’axe combat y a toujours pris le pas sur l’apprentissage purement technique, et cette identité a traversé les générations et les présidences.

Le palmarès de la première période en témoigne. Le club s’impose comme l’un des meilleurs du Nord-Pas-de-Calais et affiche :

  • une 3e place au championnat d’Europe ;
  • plusieurs champions de France Élite, en Nationale 1 comme en Nationale 2 ;
  • deux champions de France cadets formés avant 2010.

Le club fait aussi rayonner la ville bien au-delà de la région en organisant deux compétitions internationales au Palacium, au début des années 2000. Entre 300 et 400 compétiteurs venus de quatorze pays, arbitrés par des officiels de haut vol — un arbitre olympique espagnol, des arbitres iraniens, un vice-champion d’Europe belge.

Et parce qu’un club n’est pas qu’un palmarès, deux grands galas d’arts martiaux ont été montés au profit d’associations caritatives : jusqu’à dix-sept disciplines réunies sur un même plateau, au bénéfice des traumatisés crâniens et de l’association Timoun Haïti, pour financer des écoles.

L’élite d’aujourd’hui

Depuis 2019, l’équipe dirigeante a structuré une véritable section élite. Depuis deux à trois ans, le club vise les compétitions internationales estampillées G1, G2 et G6 — celles qui rapportent des points au classement mondial et ouvrent la porte aux sélections internationales.

Le travail paie déjà. Une jeune athlète du club a été sacrée championne de France cadette il y a deux ans, avant de devenir vice-championne de France cette année dans une nouvelle catégorie de poids, et de décrocher une 3e place au tournoi international G1 de Manchester.

Le club compte également des officiels de haut niveau dans ses rangs : Amal Bouaza, juge et arbitre internationale technique licenciée au club, qui anime régulièrement des stages, et Boussad Amirat, entraîneur du club et arbitre de niveau national en Algérie.

Cap sur 2027

Pour la saison qui s’ouvre, la stratégie tient en deux lignes.

La première : accompagner l’élite à l’international, en ciblant trois compétitions G1 pour aguerrir les cadets qui ont le niveau d’y aller.

La seconde : préparer la relève, avec un travail de fond sur les benjamins et les minimes, ces derniers basculant chez les cadets dès l’an prochain.

L’objectif, lui, est annoncé sans détour : amener les meilleurs cadets du club jusqu’aux championnats du monde cadets de 2027.


Quarante ans d’histoire, 260 licenciés, une équipe de passionnés : le Taekwondo VA aura prouvé qu’un club peut grandir sans renier son âme de combattant. Le rendez-vous est pris sur les tapis.

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